
Malek OUARYHistoire de Malek OUARY

Malek Ouary est né le 27 janvier 1916 à Ighil Ali, en Kabylie, dans le massif des Bibans. Il s’installa en France en 1958 où il a travaillé en tant que journaliste à l’ORTF, jusqu’à sa retraite. Après des études primaires au village natal, il part sur Alger pour poursuivre ses études secondaires, puis des études supérieures de littérature et de philosophie, pour devenir professeur de lettres. Par la suite, il travaille comme journaliste à Radio-Alger. Son entrée dans l’activité journalistique lui a permis de contribuer à faire connaître le patrimoine culturel kabyle à travers ses diverses dimensions : danse, musique, chants, poèmes et contes. Et c’est cette passion du patriotisme issu du terroir qui l’a poussé à collecter les productions orales dans la société kabyle. Ouary est un passionné de tout ce qui touche à la culture kabyle ancienne. Il s’est consacré durant les années 50 à recueillir des documents et même des enregistrements de chorales féminines dans la région des Aït-Abbas, sa région natale, ainsi que la traduction de poèmes et de contes. Il a mené aussi des enquêtes sur la narration littéraire dans la société kabyle. ? son époque, il n’était pas facile pour un “indigène”, aussi intellectuel soit-il, de se voir publier par un journal colonial. Mais Ouary avait fait exception par son talent. Son premier article, traitant de la cueillette des olives en Kabylie, a paru dans le journal La quatrième République. Cet écrivain émérite avait accordé sa dernière interview au Mensuel Izuran-Racines, dans l’édition n°20 parue en septembre 2001. Cette interview a été réalisée à Paris en avril 2001 par Ahcène Bélarbi et Ali Guenoun, dans sa maison d’exil. C’était sa dernière sortie médiatique à travers une interview, quelques mois avant sa mort survenue à la fin de la même année ; on remarquera que Malek Ouary avait tellement de choses à dire concernant ses œuvres et ses travaux. Parlant de son premier roman, Le grain dans la meule, publié en 1956, une œuvre documentaire dont la trame repose sur un social authentiquement kabyle, l’auteur du roman fut inspiré d’un fait réel qui s’est déroulé au village Thiroual, dans la région des Aït-Abbas.
Le Grain dans la meule
Cependant, raconte Malek Ouary, “dans Le grain dans la meule, I’histoire, je l’ai située ailleurs. Comme cadre spatial principal, j’ai pris mon village d’Ighil Ali, dont je connais parfaitement la structure. Puis, Touggourt, un coin de désert qui ne m’est nullement étranger pour y avoir effectué maints reportages. Bien entendu, sur ce plan, j’ai agi en tant que romancier : j’ai transposé des images, opéré des transfigurations à dessein... Mais tout ce travail de fiction ne sert qu’à canaliser l’événement authentique qui forme la trame du livre”. L’écho qu’a suscité ce livre à sa sortie était très favorable, il a eu droit à des interviews en France par la télévision et la radio. D’ailleurs, raconte Ouary : “La radio 0RTF avait regroupé les meilleurs comédiens de la Comédie-Française pour réaliser un film en six épisodes et c’est moi-même qui ait fait le travail par souci d’être trahi dans l’adaptation.
La Deception de Malek Ouary
La plus grande déception pour Malek Ouary, c’était le jour où il a appris que son roman Le grain dans la meule, a été adapté au cinéma en Algérie par le cinéaste Mohammed Iftissen, sous le titre Les rameaux de feu, sans qu’il soit informé du projet. Selon lui, cette adaptation cinématographique de son œuvre Le grain dans la meule, fut le pire des mépris qu’il a eus à essuyer dans sa vie d’écrivain. D’ailleurs, avoue Malek Ouary : “Je n’ai jamais vu le film. Mais d’après la presse, ils ont réalisé le film comme bon leur a semblé, comme si le livre était leur propriété. Mohammed Iftissen et son équipe sont allés jusqu’à changer carrément la fin de l’histoire authentique, disant qu’ils la trouvaient “inadmissible”, car, pour eux, ce type de vengeance “n’existait pas chez les Kabyles”. Ils déclarent, sans vergogne, que “Malek Ouary étant chrétien, il ne peut donner qu’une solution chrétienne à la fin de l’histoire”. Evidemment, I’issue de l’histoire du roman est fondamentalement d’inspiration kabyle.
Les autres ouvrages
Dans un autre ouvrage intitulé Poèmes et chants berbères de Kabylie, publié en 1972 à Paris, l’auteur a voulu montrer les qualités littéraires de la langue kabyle, et illustrer comment est faite la mentalité des habitants de Kabylie par rapport aux évènements de la vie de tous les jours tels : la naissance, la mort, l’émigration, etc. En lisant les romans : La montagne aux chacals et La robe kabyle de baya, on a l’impression qu’il s’agit d’œuvres autobiographiques. Or, d’après l’auteur, ces deux ouvrages sont inspirés des réalités vécues, ils n’ont aucun lien avec sa vie personnelle. Malek OUARY et la langue Berbere “la langue berbère constitue le réceptacle de toute une culture, de toute une tradition, de toute une façon de vivre et de penser. J’y suis très attaché, sans pour autant être contre que l’on s’instruise dans d’autres langues.
Decés de Malek OUARY
Malek Ouary nous a quittés, dans l’anonymat, un certain 21 déacembre 2001 à l’âge de 85 ans. Il a été inhumé à Argelès-Gazost, en France où il s’était installé depuis 1958. Une grande perte pour la culture et la littérature algériennes en général, et kabyles en particulier ; Ce grand homme de culture, un des piliers de la littérature algérienne d’expression française à l’image de Féraoun, Mammeri et Dib, pour ne citer que ceux-là, mérite davantage de considération. Hélas, disparu dans l’anonymat, il n’a même pas eu droit à un hommage dans les médias algériens, notamment la télévision, eu égard à la littérature et à la culture algériennes pour lesquelles il a consacré toute sa vie.
Oeuvre de Malek OUARY
Par les chemins d’émigration (reportage) récédé de Collier d’épreuves, Société algérienne de publications, Alger, 1955.
Le grain dans la meule, roman, Buchet-Chastel, Paris, 1956, Bouchène, Paris, 2000.
Le mouton de la fête (conte), Dialogues n°3, juillet-août 1963.
Poèmes et chants de Kabylie, Saint- Gennain-des-Prés, Paris, 1972.
La montagne aux chacals, roman, Garnier, Paris, 1981.
La robe kabyle de Baya, Roman, Bouchène, Paris, 2000
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